31/01/2018

Les retraites, façon grandes banques

La nouvelle n’a pas fait grand bruit en Suisse romande, et pourtant l’affaire est d’importance. La caisse de pensions d’UBS, la plus grande institution bancaire suisse, empoigne la réforme de la prévoyance avec une rare énergie : dès 2019, l’âge du départ en retraite des employés de la banque sera porté à 65 ans, celui du début de leur affiliation, ramené de 25 à 20 ans, leur taux de cotisation, relevé entre 0,5% et 2% selon l’âge, et le taux technique (c’est-à-dire le taux de rendement annuel moyen espéré à long terme) abaissé de 3% à 1,5%, ce qui aura pour effet de réduire encore le taux de conversion du capital en rentes, raccourci des 5,44% actuels à 4,42%. Pour rappel, le taux de conversion minimal en vigueur pour la partie obligatoire de la prévoyance professionnelle, initialement fixé à 7,2%, avait été ramené à 6,8 % lors de la première révision de la LPP en 2005. Depuis, le peuple a fait de la résistance : le taux de 6,4% proposé par le Conseil fédéral en 2008 «étant donné la nécessité de tenir compte de la diminution notable des rendements attendus à long terme sur les marchés financiers» a été sèchement refusé en votation populaire le 7 mars 2010. De même, les 6% prévus en quatre étapes jusqu’en 2022 ont été balayés, comme tout le paquet de la Prévoyance vieillesse 2020, lors de la votation de septembre dernier.

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07:16 Publié dans Banques suisses, Capital, Emploi, Financement des retraites, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/01/2018

Le refus irréfléchi de l’ouverture

A l’instar d’autres ressorts populistes, le bâton sauteur de l’UDC rebondit régulièrement sur les craintes suscitées par la mondialisation. Quoi de plus payant en effet, électoralement parlant, que de dénoncer les atteintes à la souveraineté nationale et au bien-être des habitants, ou encore de démontrer chiffres à l’appui combien l’emploi se trouve menacé par une concurrence déloyale venue d’ailleurs, tous désagréments qu’il faut bien entendu attribuer à l’ouverture des frontières !

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07:54 Publié dans Chômage, Croissance, Démocratie, suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

17/01/2018

Le franc rapporte gros. A la BNS

Les circonstances font que la Banque nationale suisse est devenue le principal gérant d’actifs du pays et qu’elle s’en sort plutôt bien. L’an dernier en effet, elle a réalisé une performance nette de 54 milliards de francs sur un portefeuille – monté jusqu’à 784 milliards à fin novembre 2017 – d’avoirs placés «passivement» (dure leçon, soit dit au passage, pour les gérants dits «actifs»). Tant mieux pour les pouvoirs publics fédéraux et cantonaux qui, du fait des conventions de distribution passées entre elle et eux, se partageront 2 milliards. Pour autant la question de fond demeure: la BNS s’occupe-t-elle de politique monétaire, ou gère-t-elle la richesse financière nationale ? Un peu des deux, dira-t-on, mais «à la retirette», puisque, si elle se consacrait pleinement à la première de ces fonctions, elle n’aurait pas dû abandonner le taux plancher, et si c’est la seconde qui prend désormais le dessus, elle pourrait distribuer bien davantage que 4% de son bénéfice.

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08:53 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Dette, Europe, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

10/01/2018

Logement, santé; haro sur l’îlot de cherté

Les deux postes de dépenses qui pèsent le plus lourdement dans le budget des ménages helvétiques sont, comme chacun sait, les coûts du logement et les frais médicaux. Or quels sont les deux postes de dépenses pour lesquels les niveaux de prix pratiqués en Suisse dépassent le plus nettement ceux que l’on peut noter dans les pays qui l’entourent ? Les coûts du logement et les frais médicaux… Il y a donc, manifestement, quelque chose qui ne tourne pas rond dans le fonctionnement de notre économie. Et cette chose s’appelle concurrence, ou plus exactement manque de concurrence.

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07:41 Publié dans Concurrence, Prix, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

04/01/2018

Le monde va mieux, au décile près 

Le monde va mieux. Tout l’indique, tout le monde le dit. Et pour faire bon poids, le cycle conjoncturel est cette fois-ci synchrone : toutes les parties du monde, y compris celles d’ordinaire en retard, participent à la fête. Aussi, les conjoncturistes patentés font-ils assaut de certitudes dans leurs tabelles et rivalisent de précision au décile près. En octobre, le FMI avait relevé de 0,1 point ses prévisions de croissance pour 2018 ; il procédera sans doute derechef à l’occasion de son habituelle «mise à jour des perspectives de l’économie mondiale» de la mi-janvier prochaine. Dans ses «perspectives économiques principales » de novembre, l’OCDE alignait les siennes sur celles du Fonds : l’élévation du PIB réel mondial sera pour elle comme pour lui de 3,7% cette année. Même la zone euro réitérera à peu de choses près sa performance de 2017, avec une croissance de nouveau supérieure à 2% – de 2,1% très exactement.

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07:40 Publié dans Air du temps, Banques centrales, Croissance, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |