28/09/2016

Le salut ? Il est dans les infrastructures !

Puisque les rendements financiers ont filé à l’anglaise et que les caisses de pensions ne peuvent plus compter sur le troisième cotisant pour assurer les retraites, il y a peut-être une solution qu’un certain nombre d’experts aux vues non conventionnelles abordent par différents biais : l’investissement en infrastructures.


Ainsi l’autre jour, à Thoune, le conseiller en prévoyance Keith Ambachtsheer, pointant du doigt les faiblesses du système helvétique, préconisait l’investissement direct dans les infrastructures comme moyen de réconcilier l’objectif de rendement et la recherche de sécurité. La suggestion, qui supposerait un regroupement massif de nos institutions de prévoyance (elles sont encore près de 1800 et l’expert, cité par Le Temps, préconise dans ramener le nombre à une vingtaine), n’est ni farfelue, ni marginale. Elle s’attaque en effet à l’insuffisance des investissements en infrastructures qui, à l’échelle planétaire, est avec le vieillissement de la population et le trop plein d’épargne chinois l’une des trois causes les plus souvent évoquées de la baisse continue des taux d’intérêt réels. L’économiste Sony Kapoor, animateur du “think tank” Re-Define, critique lui aussi la politique de placement trop conventionnelle des grands investisseurs et en particulier celle du Statens pensjonsfond Norge, le plus important fonds souverain du monde après celui d’Abu Dhabi, dont les performances ont fléchi ces dernières années en raison des fluctuations boursières et de la baisse des cours du pétrole. A son avis, c’est une erreur grossière que de concentrer l’essentiel des portefeuilles d’actifs dans le capital des grandes sociétés des pays riches, au lieu de s’intéresser aux économies des pays émergents et d’investir dans des actifs non cotés, à commencer par les infrastructures.

Les infrastructures ? Ce sont les hôpitaux, les écoles, les réseaux (transports, télécommunications, énergie), mais aussi les centres de recherche, les établissements médicalisés, autrement dit nos IEPA genevois dont le nombre est cruellement insuffisant, comme est insuffisant l’état d’entretien de toutes les infrastructures précitées. Difficile, bien entendu, de dégager le rendement financier d’infrastructures publiques, tant il n’apparaît le plus souvent que sous la forme, inverse, des frais considérables entraînés par le rattrapage du temps perdu, les CFF en savent quelque chose.

Il y aurait pourtant une manière d’obtenir une rétribution d’investissements en infrastructures. Une fois dûment regroupées, les caisses de pensions pourraient en effet se comporter en vrais entrepreneurs et construire directement écoles et EMS (elles en ont globalement les moyens : plus de 700 milliards de francs), infrastructures qu’elles mettraient ensuite à disposition des services publics moyennant un loyer correspondant au rendement qui leur est nécessaire pour atteindre leurs objectifs de prévoyance, mettons 4 à 5% nets, au lieu des zéros et quelque actuels. Ce ne serait pas le partenariat public-privé que certains honnissent, mais un partenariat public-prévoyance, de bien meilleure réputation.

06:50 Publié dans Chômage, Croissance, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Brillante idée !

Écrit par : Philippe Souaille | 29/09/2016

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