21/09/2016

AVS, 2e pilier, c’est du pareil au même

prevoyance vieillesse retraite.jpgOn tient mordicus à opposer 1er  et 2e pilier, alors que les deux ouvrages sont confrontés au même problème de statique. L’AVS, fondée sur la répartition (“pay as you go” disent les Anglo-Saxons), souffre du vieillissement démographique qui détériore le rapport de dépendance. La prévoyance professionnelle obligatoire, fondée sur l’accumulation et le placement d’épargne, est censée y échapper, mais en réalité trébuche sur le même obstacle, pour des raisons qu’on se garde généralement de mettre en lumière. Voici donc, pour la clarté de la chose, de quoi il retourne.


Le stock de capital qui préfinance en quelque sorte le versement d’anuités tout au long de la retraite est soumis à deux aléas. Le premier est propre à tout système d’assurance, savoir la solidité de la contrepartie. La caisse de pensions, comme la compagnie d’assurance ou toute autre institution administrant l’épargne accumulée, n’est pas insubmersible. Il peut arriver que, mal gérée, elle tombe en situation de sous-couverture ou même qu’elle devienne insolvable, raison pour laquelle d’ailleurs la LPP a été dotée d’une institution supplétive. C’est mieux que rien, mais cela ne garantit pas les rentes promises.

Le deuxième aléa est lié au marché. On pense ici le plus souvent aux fluctuations de la bourse ou encore aux taux négatifs engendrés à l’heure actuelle par l’absence d’inflation et de croissance. Mais il y a un risque à plus long terme, qui résulte lui aussi de l’évolution démographique. Durant sa phase de constitution, débutée en 1985 et qui s’approche de son achèvement (la première génération d’assurés n’atteindra une durée complète de cotisation qu’en 2025), la prévoyance professionnelle obligatoire n’a fait globalement qu’accumuler des capitaux. Autrement dit, elle a été et est encore pour quelques années acheteuse nette de titres, de créances et de biens immobiliers. Mais lorsque le temps sera venu de présenter ces actifs à la vente, il se trouvera, côté acheteurs, des cohortes de cotisants moins nombreuses que celles des rentiers, de la même façon qu’en répartition les cotisants à l’AVS feront face à une proportion plus élevée de bénéficiaires de rentes.

En somme, au creusement annoncé du déficit de l’AVS correspondra une érosion de la valeur de revente du stock de capital accumulé dans la prévoyance professionnelle, sous forme de baisse des cours ou – ce qui reviendra finalement au même – de hausse des rendements exigés par les générations montantes en échange de l’effort supplémentaire d’épargne qui leur sera demandé. On peut rétorquer que la prévoyance ne vit pas en vase clos, et que sur des marchés globalisés, infiniment plus vastes que le nôtre, les cessions d’actifs n’entraînent pas forcément des chutes de prix. Mais la Suisse n’est pas seule à vieillir, et l’ensemble des marchés seront tôt ou tard exposés aux mêmes conséquences du vieillissement.

Aussi, les mêmes remèdes s’imposeront aux deux piliers : hausse des cotisations, allongement de leur durée et, si nécessaire, raccourcissement des rentes.

Bien entendu, toute ressemblance de ce qui précède avec des débats présents ou passés ne serait que pure coïncidence.

07:41 Publié dans Capital, Financement des retraites, Prévoyance, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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