29/08/2016

A propos de la «vraie» valeur du franc

Ainsi donc, si l’on en croit le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), le franc ne serait que modérément surévalué, pour peu que l’on prenne en compte ce que les économistes appellent la parité de pouvoir d’achat, dans une version plus sophistiquée que celle que calcule l’hebdomadaire The Economist avec son fameux «Big Mac Index», qui aboutit à une surévaluation de plus de 60% de notre monnaie.

Des calculs effectués de son côté par l’OCDE aboutissent à des résultats intermédiaires: entre 2000 et 2015, un taux de change du franc par rapport au dollar estimé selon une parité de pouvoir d’achat valable pour la consommation privée (en gros, selon le panier de la ménagère) est passé de 1,985 franc à 1,463 franc, soit une appréciation de plus de 26%. Alors que dans le même temps le taux de change de l’euro par rapport au même dollar selon une PPA également calculée pour la consommation privée n’est passé que de 0,946 euro à 0,885 euro (+6%). Le franc, déjà fort en 2000, s’est donc encore apprécié de 20% depuis lors.

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24/08/2016

Les calculs d’épicier de la prévoyance

Si notre prévoyance à trois piliers, modèle de réussite actuarielle, suscite partout l’admiration, elle s’avère en réalité plus coûteuse qu’efficace, du moins si l’on en juge par son résultat, savoir le taux de remplacement du dernier salaire.

La Suisse se classe en effet à cet égard quelque part entre le vingtième et le trentième rang mondial, avec un taux de l’ordre de 40%, ce qui ne l’empêche pas de connaître, elle aussi, des difficultés croissantes de financement. Les perspectives démographiques pèsent sur l’avenir de l’AVS et, alliées à la faiblesse des rendements financiers, menacent également l’équilibre des caisses de pensions.

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07:15 Publié dans Assurances, Capital, Financement des retraites, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

17/08/2016

L’effet singulier des taux négatifs

Les taux négatifs qui se répandent un peu partout mettent le monde à l’envers et rendent les caisses de pensions schizophrènes.

D’un côté en effet ces dernières, grandes consommatrices d’actifs sûrs, acceptent d’acheter des obligations de la Confédération dont le rendement est inférieur à zéro y compris pour des échéances très lointaines, ce qui signifie qu’elles n’entrevoient guère d’améliorations sur ce plan là avant très, très longtemps.

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07:59 Publié dans Banques, Capital, Dette, Financement des retraites, Monnaie, Prix, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

10/08/2016

L’exception helvétique, c’est fini ?

Longtemps, la Suisse a semblé échapper à la morosité ambiante. Une demande soutenue, un faible chômage, des comptes publics à l’équilibre, une balance courante largement excédentaire, étaient là pour expliquer au monde que ce pays avait toutes les raisons de se considérer comme meilleur que les autres. Mais voilà, les panneaux indicateurs sont passés du vert à l’orange, et même au rouge s’agissant des exportations de machines et de montres. La croissance s’est arrêtée, et avec elle l’emploi. Plus frappante encore, et plus décisive aussi pour l’évolution à venir, la contribution de la consommation privée au produit intérieur brut, qui forme le socle de la dépense domestique, est tombée en territoire négatif au premier trimestre de l’année, pour la première fois en quinze ans. Le recul est minime, mais la tendance est baissière depuis le déclenchement de la crise financière, signe que la capacité de résistance de l’économie suisse s’est progressivement amoindrie.

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07:31 Publié dans suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

04/08/2016

La bombe à retardement des taux fixes

Mon ami du Valais est très remonté contre les banques. Son beau-fils, qui rêvait depuis longtemps d’accéder à la propriété, va probablement accepter de contracter un emprunt à taux fixe sur dix ans, encouragé en cela par sa banque – sans doute un institut régional – qui lui suggère de choisir un amortissement limité au strict minimum. Non seulement, lui a-t-on expliqué, il déboursera ainsi bien moins que son loyer actuel grâce au bas niveau des taux d’intérêt, mais encore il fera une économie d’impôts, puisque les charges hypothécaires sont intégralement déductibles du revenu. Il aura la belle vie, pourra partir chaque année en vacances, changer régulièrement de voiture. Dix ans, c’est tellement loin…

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07:58 Publié dans Banques, Capital, Dette, Finances | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |