27/04/2016

Querelle d’Allemands

Le président de la Banque centrale européenne, l’ancien gouverneur de la Banque d’Italie et vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs Mario Draghi, est depuis quelque temps l’objet de furieuses attaques de la part de responsables allemands qui lui reprochent de dissoudre la zone euro dans un océan de liquidités au lieu de préserver comme il devrait la solidité de la monnaie unique, héritière de feu le Deutsche Mark. Ce laxisme délibéré détournerait à leur avis les pays fautifs de l’obligation que les traités leur font pourtant de remettre de l’ordre dans leurs finances publiques, puisqu’en rachetant à coups de dizaines et même de centaines de milliards les emprunts qu’ils émettent à tout va au lieu de se serrer la ceinture, la BCE encourage ces pays, essentiellement du Sud, à persévérer dans l’erreur. Non seulement, ce faisant, elle s’écarterait de l’essentiel de sa mission qui est de préserver la stabilité des prix, mais encore elle ruinerait les épargnants et les retraités allemands en faisant tomber les taux d’intérêt plus bas que zéro. Wolfgang Schäuble, le ministre des finances du gouvernement de Mme Merkel, aurait même accusé M. Draghi d’être en partie responsable de la montée de l’extrême droite dans son pays…

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20/04/2016

Il fait trop beau pour travailler (Les Parisiennes, 1964)

L’initiative «pour un revenu de base inconditionnel» n’a aucune chance d’être acceptée, mais elle ouvre un joli débat. Entre le rejet catégorique d’un conseiller fédéral qui invite à «passer aux choses sérieuses» et l’ironie d’un ex-membre et vice-président du directoire de la BNS qui lui préférerait un «emploi inconditionnel», l’idée rallie contre elle toute la Suisse bien pensante et même au-delà, alors qu’il vaudrait la peine de la prendre pour ce qu’elle est, savoir une proposition d’utopie qui derrière son côté ébouriffant touche à une question fondamentale.

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13/04/2016

Genève, qui fait ta richesse?...

La prospérité genevoise repose sur des piliers à vrai dire moins fixes que flottants, en ceci qu’ils n’ont cessé de varier à travers le temps, portés par ce qu’on a pu appeler le hasard des circonstances. La banque, l’horlogerie, le négoce et le conseil juridique, ces quatre piliers d’aujourd’hui, ne l’ont pas toujours été : autrefois, c’étaient les foires et l’indiennerie, puis la Fabrique et l’imprimerie, et enfin la mécanique de précision (SIP, Tavaro, Charmilles) qui tour à tour dominèrent dans une Genève devenue internationale par le jeu d’influences extérieures.

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07:30 Publié dans Air du temps, Banques, Concurrence, Croissance, Démocratie, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/04/2016

Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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