27/01/2015

Vous reprendrez bien un peu de déflation ?

Les banques centrales ont deux perspectives en horreur, l’inflation et son contraire, la déflation. S’agissant de cette dernière, les choses sont claires : une baisse même légère, mais continue, des prix conduit les ménages et les entreprises à reporter à plus tard leurs dépenses de consommation et d’investissement, alourdit les dettes, aggrave les déficits publics, pèse sur l’emploi, et entraîne au bout du compte un recul sans fin de l’activité économique. A éviter absolument, donc.

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20/01/2015

Faute vénielle ou péché mortel ?

En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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13/01/2015

38 milliards de francs, et moi et moi et moi

Grâce au cours plancher qui fait baisser le franc en même temps que l’euro face aux actifs libellés en d’autres monnaies, la Banque nationale suisse a bouclé l’année écoulée par un bénéfice comptable de l’ordre de 38 milliards. Comme de bien entendu, on attend d’elle qu’elle reprenne et au-delà ses distributions à la Confédération et aux cantons, ainsi que le versement de son dividende, plafonné par la loi à 6% de son capital, à ses actionnaires que sont les cantons, diverses collectivités et institutions de droit public, et 2’219 actionnaires privés enregistrés au 31 décembre 2013 (un résident de Düsseldorf, qui en accumule régulièrement, possédait à cette date 6'250 actions de la BNS, soit 6,25% du total ; mais conformément aux dispositions légales, son droit de vote est limité à 100 actions).

L’action BNS, cotée en bourse, a clôturé vendredi sur un cours de 1’070 francs, offrant ainsi un rendement de 1,4%, ce qui n’est pas terrible, mais toujours mieux que celui des obligations de la Confédération.

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06/01/2015

Il n'y a pas de déjeuner gratuit

La faiblesse persistante de l’euro joue de vilains tours à la BNS, dont le bilan ne cesse d’enfler. Il n’y a, en soi, aucune limite à la création de monnaie par l’Institut d’émission tout occupé qu’il est à défendre le cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, à l’inverse de ce qui se passerait s’il lui fallait au contraire – hypothèse qui ne s’est jamais rencontrée – lutter contre une dépréciation du taux de change du franc en en détruisant à la pelle.

Il n’y a aucun obstacle ni théorique, ni légal, à cette accumulation potentiellement illimitée de réserves de devises et à l’émission de monnaie qui s’ensuit, mais les ordres de grandeur atteints, et leurs possibles effets secondaires, commencent à faire réfléchir, et même à agir.

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09:52 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Monnaie, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |