21/10/2014

Ce qu'il faut à la France... C’est un Nobel qui le dit…

L’attribution du prix Nobel d’économie à un illustre inconnu du landernau médiatico-politique hexagonal (mais connu bien sûr de ses pairs), c’est un peu le bâton dans la fourmilière. On se félicite bien entendu de cette distinction revenant pour la deuxième fois seulement à un économiste français exerçant dans son pays, mais on s’écharpe à gauche de la gauche comme à droite de la droite sur l’orientation politique supposément être celle d’un chercheur fort justement récompensé, qui n’en peut mais de cette manie des étiquettes.

Oui, à la rigueur, Jean Tirole comme son compère Olivier Blanchard aujourd’hui économiste en chef du FMI peut être classé «plutôt de gauche», mais ses propositions, quand on lui demande d’en formuler, n’ont ni couleur ni odeur. Elles sont simplement économiquement sensées, avec désormais cette force que leur donne le fait d’émaner d’un lauréat du Nobel.

En résumé il faut à la France, rappelle Tirole, 1° une réforme du marché du travail, soit la fin de la dichotomie entre CDI et CDD et un assouplissement des conditions de licenciement, 2° une réforme des retraites (lire: un éloignement de l’âge de la retraite), 3° une réforme de l’Etat, qui devienne «plus léger» mais «plus efficace» y compris sur le plan social, et 4° une réforme de la réglementation qui corsète notamment tant de professions dites libérales et de métiers des services.


Des progrès dans ces quatre directions ne vont pas relancer la croissance dans l’immédiat, mais ils auraient pour effet, hautement désirable dans les circonstances présentes, d’éloigner une menace terrible pour la France, qui serait, déclare sans ambages l’économiste dans une interview à la FAZ allemande, une hausse catastrophique des taux en cas d’attaque spéculative si les marchés perdaient soudainement confiance dans la capacité du pays à se réformer. Si ces taux passaient par exemple d’un coup des 0 à 0,5% actuels à 6%, les quelque 170 milliards d’euros, entre besoins de refinancement des emprunts arrivés à échéance et couverture du déficit courant, que la France doit lever l’an prochain sur les marchés lui coûteraient 10 bons milliards supplémentaires, anéantissant du coup la moitié des économies budgétaires si péniblement engagées. Comme un fait exprès, l’agence de notation Standard & Poor’s vient d’ailleurs (10 octobre) d’abaisser de «stable» à «négative» la perspective de la dette française.

Non que cette dette soit colossale : même aux 100% du PIB dont elle se rapproche, elle est à peine supérieure à celle du Royaume-Uni, et est dépassée par celle de six autres pays au moins de l’Union européenne. Sans parler des 110% de la dette publique américaine, ni a fortiori des 220% de la dette publique japonaise que personne ne songerait à attaquer.

Car tout repose en définitive sur la crédibilité de l’action gouvernementale. Taten statt Worte ! comme disait en bon français la Vaudoise Christiane Langenberger en lançant à l’époque, évidemment pour tout autre chose (la cause des femmes), son initiative du même nom. Des paroles aux actes ! réclament identiquement les partenaires européens de la France, las des promesses et des engagements non tenus par les présidents et les équipes ministérielles qui s’y succèdent depuis tant de décennies.

Se pourrait-il donc que paroles de prix Nobel poussent enfin à la décision ?

Commentaires

On voit qu'il connait bien la France.
Le Code du Travail est un ensemble de lois kafkaïennes qui n'ont plus rien à voir avec le travail.
Les métiers libéraux et les artisans sont complètement bloqués par des lois qui empêchent toute initiative et pompent pratiquement tous leurs gains. Le salaire d'un médecin conventionné (reconnu par la Sécu) voit ses salaires plafonnés à quelques malheureux Euros, ce qui l'oblige à traiter ses patients à la chaine.
Et le gouvernement, avec sa pléthore de ministres redondants et antagonistes, juste placés là parce qu'il faut bien remercier ses amis, pléthore qui ne sait plus que cafouiller et se contredire.
Et les fiches de paie ! Pratiquement une page format A4.
Mais il n'y a pas que çà. Il y a toute l'organisation de l'Administration, formée de bureaux redondants qui ne peuvent même pas communiquer entre eux et qui n'a pour seul but que d'accumuler de la paperasserie.
La seule solution est donc : TOUT foutre à la poubelle et poser de nouvelles bases solides.

Écrit par : Lambert | 22/10/2014

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