07/10/2014

Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.


Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.

A l’ouest, une politique intransigeante qui vise, un peu à la Suisse, l’équilibre budgétaire avant toute autre considération, à l’est un besoin de rattrapage bien sûr, comblé par une vague d’investissements publics sans précédent qui n’auraient pu se financer sans les aides de Bruxelles. Et surtout, faut-il aussitôt ajouter, une croissance à faire pâlir d’envie le reste du continent: la Pologne a traversé la crise sans le moindre recul de son produit intérieur brut, et son taux de chômage, qui frisait les 17% en 1993, est tombé à 9,5% en juin dernier. Soit en dessous de la moyenne européenne (10,1%)

Au moment où la déflation menace en zone euro et place la Banque centrale européenne devant des choix cornéliens, il n’est pas inutile de songer, avec le Fonds monétaire international qui vient de s’exprimer dans ce sens, à un recours possible aux investissements d’infrastructure en tant que moyen de stimuler l’activité. Mieux, argue le Fonds, «le surcroît d’investissement public dans l’infrastructure donne une impulsion qui compense l’augmentation de la dette, de sorte que le ratio dette publique/PIB ne progresse pas. Autrement dit, l’investissement public dans l’infrastructure peut s’autofinancer s’il est correctement effectué». Voilà donc, de l’avis d’experts jusqu’ici plutôt circonspects, la quadrature du cercle enfin résolue y compris dans les pays où l’endettement public a atteint de tels sommets que tout euro supplémentaire de dépense d’investissement semblait jusqu’ici rigoureusement interdit.

Il faut évidemment que les projets soient de qualité et leur conduite bien gérée. Mais à considérer l’état général des infrastructures ferroviaires, routières, énergétiques en Europe comme aux Etats-Unis du reste (ponts qui s’écroulent, trains qui déraillent ou, comme chez nous, se tamponnent), on se dit qu’il ne doit pas être si compliqué que cela de séparer l’essentiel de l’accessoire, et de ramener le stock de capital physique, tombé très bas, à un niveau plus conforme au degré de développement propre à ces pays.

Quant à l’effet sur la croissance que le FMI en attend, il ne se mesurera sans doute pas à la décimale près, mais l’évidence est là. Pour revenir à la Pologne : son investissement public (tout de même supérieur aux aides reçues) exprimé en pourcentage du PIB est deux fois plus élevé qu’ailleurs en Europe, moyennant quoi son endettement public demeure inférieur aux 60% fixés par Maastricht.

Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

15:27 Publié dans Croissance, Finances publiques, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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