04/03/2014

Un avenir pour l’Ukraine

Que souhaiter de mieux aux Ukrainiens que d’accéder un jour à ce bien-être dont ils rêvent tous – peut-être un peu plus ceux de l’ouest, agricole, ou du centre, que ceux qui peuplent la partie orientale du pays, minière et industrialisée, aux structures il est vrai empesées car encore profondément marquées par les lourdeurs de l’ère soviétique ?

C’est précisément pour cela que, désespérant de se rapprocher d’une Europe qu’on leur a soudainement retirée après la leur avoir promise, ils s’étaient mis à dresser des barricades et avaient tenu la rue des semaines durant face à un pouvoir inepte et corrompu jusqu’à la moelle.


Fin connaisseur de l’Ukraine pour y avoir notamment mené en 1993 des missions avec la Banque Mondiale, l’ancien ministre polonais des finances puis gouverneur de la banque centrale Leszek Balcerowicz, artisan du renouveau économique assez extraordinaire que la Pologne a connu depuis la chute du communisme, expliquait l’autre jour sur les ondes de la radio cracovienne RMF 24 que ce pays voisin du sien disposait – pour peu que ses dirigeants procèdent aux réformes nécessaires et qu’on lui prête les quelques dizaines de milliards de dollars qui lui manquent pour honorer ses engagements – «de tous les moyens pour devenir une agréable surprise, comme l’a été la Pologne après 1989».

Car ce qui a manqué jusqu’ici à l’Ukraine, ce n’est ni le potentiel humain ni les ressources (le pays est vaste comme deux fois l’Italie, sa population – 45 millions d’habitants – nombreuse et instruite), mais une équipe gouvernementale à la hauteur des enjeux, qui sont considérables. Or, remarquait Balcerowicz qui a eu affaire à peu près à tous les dirigeants ukrainiens, «je connais très bien Arsenij Jaceniuk, l’actuel premier ministre ; si seulement nous avions de tels politiciens en Pologne…»

Venant d’un économiste qui a réussi à mener tambour battant la transition de son pays vers l’économie de marché, à y réduire l’inflation (elle atteignait 251% en 1989 !), à y stabiliser la monnaie et y ramener le taux de chômage à des niveaux voisins de ceux que connaît aujourd’hui l’eurozone, pareil jugement vaut d’être entendu. Le démarrage réussi du «plan Balcerowicz» a certes dépendu aussi, crucialement, des aides immédiates apportées par le FMI et la Banque Mondiale, puis des financements de la BERD, comme aujourd’hui la Pologne tire profit des fonds structurels que l’Union européenne lui distribue généreusement. Mais l’essentiel est que, contre vents et marées, les réformateurs polonais ont tenu bon. A Kiew et Lviv, sinon à Kharkiv, les attentes sont aujourd’hui aussi fortes, les volontés exprimées encourageantes. Il serait dommage que l’Europe, par pusillanimité ou simple manque d’intérêt pour ses confins orientaux, abandonne l’Ukraine à son triste sort de marche poststalinienne.

 

 

07:50 Publié dans Démocratie, Europe, Russie | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

Commentaires

Monsieur Stepczynski, plus on est riche, plus on en veut, ce qui est valable pour l'argent l'est aussi pour les terres semble t-il ?

Mais attention, c'est une autre chose la terre, car en fait elle n'appartient à personne et c'est pour ça qu'elle est synonyme de guerres !

Poutine ne se fatiguera jamais à ce jeu, une fois que l'on a gouté à ce vice, c'est bien pire que l'opium, pas des peuples, mais l'opium des autocrates, un opium se nourrissant de sang et de larmes !

Dans ce contexte, il y a tellement de mots clés, gaz, OTAN, religion, et folie humaine, mais le maitre des mots dans cette affaire, c'est Obama, Poutine serait peut être fou de ne pas en profiter !

Écrit par : Corto | 04/03/2014

Il y a quelques inquiétudes pour l'Ukraine dans l'immédiat pour ce qui est de sa protection. Il semble que l'on commence par son pillage avant de penser à son avenir.
Sa chance venait de glisser entre les doigts de ceux qui ont fait sa peau avec des Nazi au lieu de l'aider à se réformer et à mettre un terme à la corruption des élites. Tous auraient dû être emprisonné, leurs biens confisqués pour les convertir en patrimoine collectif afin de redresser le pays.

Apparemment, il faudra attendre et se remettre au bon vouloir des deux grandes puissances sans les mouches du coche que sont l'Otan et son étoilée Union Européenne.

heredown a nice portraiture of Ukraine today:
http://www.infowars.com/the-looting-of-ukraine-has-begun/

Écrit par : Beatrix | 07/03/2014

Des nazi, il y en a dans toutes les "républiques" anciennement soviétique, il suffit de voir en Hongrie !

Il y en a également en Suisse, on pourrait même dire que c'est le seul pays ayant autant voté pour un parti utilisant le blanc, le noir et le rouge exclusivement pour sa communication, personnellement je serais plus inquiet pour cette forme de "nazisme" suisse que pour les excités qui fanfaronnent dans les pays anciennement communistes.

D'abord parce que ces populations ont des raisons de trouver des exutoires à leur niveau de vie, très bas et ensuite, car ils ne sont pas autant organisés que ne l'est l'udc en Suisse !

Et il bien évident que Poutine n'a jamais lutter contre les nazis dans son pays, alors vouloir commencé par vouloir faire la loi comme prétexte d'invasion ne tient pas une seconde !

Écrit par : Corto | 07/03/2014

Sans oublier que les mouvements pro-nazis russes sont en très bon terme avec la bande à Poutine, ils leurs mangent dans la main et lui rendent de précieux services, même je dirais que le système Poutine se repose sur ces malades !

Écrit par : Corto | 07/03/2014

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