25/02/2014

Bitcoin, le début de quelque chose

Supposons que le milliard d’utilisateurs fièrement annoncés par Facebook, ou que « seuls » les 400 millions d’utilisateurs réguliers du réseau acceptent dans un même élan de recourir au Bitcoin ou à quelque autre artefact électronique pour effectuer quotidiennement leurs paiements: cette «monnaie» deviendrait du jour au lendemain le moyen d’échange le plus universel, détrônant du même coup dollars, euros, livres et autres yens…

Pourquoi l’accepteraient-ils ? 


Parce que cette unité de compte virtuelle, permettant d’effectuer instantanément, n’importe où et en toute sécurité n’importe quel type de transaction, libérerait les échanges de tous frais au contraire des monnaies, chèques et cartes de paiement sur lesquels repose le système bancaire et financier classique, qui pèse à lui seul entre 5% et 10% du produit intérieur brut selon les pays, proportion qui, comptabilisée en tant que valeur ajoutée, représente aussi, à l’inverse, un coût pour l’ensemble des échanges réels. Une économie allégée du fardeau de la monnaie traditionnelle perdrait certes les emplois occupés aujourd’hui par la banque et la finance mais gagnerait en productivité, et trouverait rapidement à affecter à d’autres tâches, infiniment plus utiles, les forces productives ainsi libérées.

Comme toutes les avancées technologiques majeures, les «e-monnaies», dont le Bitcoin est sans doute l’archétype le plus parfait, s’exposent à des maladies de jeunesse et surtout à des emballements spéculatifs qui vont jusqu’à abréger très précocement leur existence. Qu’on se souvienne des entrées en bourse fulminantes qui avaient marqué les derniers gonflements de la bulle Internet en l’an 2000. Le Bitcoin d’ailleurs a déjà connu une existence mouvementée, perdant presque d’un seul coup (entre janvier et février de cette année) la moitié de sa valeur après l’avoir multipliée après moult bonds et reculs par plus de 200 entre février 2011 et décembre 2013.

Mais l’important n’est pas là. Ce qui compte et ce dont on doit se convaincre, c’est que le croisement de la technologie et des réseaux sociaux est en train de faire jaillir, tel un gigantesque feu d’artifice, une myriade de possibilités nouvelles y compris dans les domaines les plus fondamentaux comme, précisément, celui des échanges de biens et services. Un monde sans monnaie, au sens habituel et matériel du terme, serait proprement révolutionnaire ; or ce monde est peut-être à notre porte !

Raison pour laquelle des instances aussi sérieuses que des banques centrales étudient de près l’évolution du phénomène (Ben Bernanke lui-même, le président sortant de la Réserve fédérale américaine, écrivait ainsi peu avant son départ dans une lettre adressée au Congrès que «le Bitcoin et les autres monnaies virtuelles sont susceptibles de tenir leurs promesses à long terme»). Raison aussi, peut-être, pour laquelle les géants de l’Internet et des réseaux sociaux n’hésitent pas à dépenser des milliards pour mettre la main qui sur des concurrents (Facebook), qui sur n’importe quelle trouvaille annonciatrice de développements prometteurs (Google). Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

10:01 Publié dans Banques centrales, Bitcoin, Prix | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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