17/12/2013

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années – moins par suite de la lourdeur des amendes que le Department of Justice risque d’imposer à celles qui auraient eu la mauvaise idée de recueillir les fortunes de contribuables en délicatesse avec le fisc américain, que par suite du rétrécissement dramatique de leurs marges bénéficiaires consécutif à la disparition du secret bancaire, à quoi se ramenait pour beaucoup d’entre elles l’essentiel de leur modèle d’affaires ?

 

Pas toutes certes, mais une part sans doute non négligeable du secteur financier dont elles forment, et de loin, la majeure partie. 


Une récente étude (août 2013) de KPMG menée en association avec l’Université de Saint-Gall estimait que, faute de rentabilité suffisante, plus du quart des banques spécialisées dans la gestion de fortune («Privatbanken») pourraient disparaître d'ici trois ans. Pour parvenir à cette prévision, le cabinet d’audit n’a pas eu besoin de jouer les détectives: il s’est borné à lire attentivement les six derniers rapports annuels d’une centaine d’établissements.

On débouche à peu près sur la même conclusion en analysant les données que publie régulièrement la Banque nationale suisse. Exemple parmi d’autres, la cinquantaine de «banques boursières» recensées par la statistique bancaire (dans la terminologie BNS : banques spécialisées dans la gestion de fortune, hormis celles, une bonne centaine, en mains étrangères) ont vu leurs marges se réduire constamment au cours des dix dernières années, et leurs résultats nets retomber au niveau des années 90, alors que leurs charges étaient multipliées par trois. Même constat pour les banquiers privés, dont les bénéfices dépassaient à peine l’an dernier leurs niveaux de 1987.

Plusieurs de ces banques ne vont pas faire faillite, mais elles vont tirer l’échelle, pour fusionner avec d’autres ou se vendre au plus offrant, ou encore pour renoncer tout bonnement à leur licence. Conséquence, encore difficile à imaginer et surtout à calculer, la contribution du secteur bancaire à la valeur ajoutée totale va sérieusement reculer, et sa part aux recettes fiscales, déjà fortement amoindrie, se contracter encore davantage. Finis les bonus, et retour des salaires à des normes plus proches de la moyenne du secteur des services. Pour les cantons, Genève en tête, qui vivaient largement de la gestion de fortune, c’est là une perspective tout sauf réjouissante, qui vient s’ajouter à celle, également inéluctable, d’une révision à la baisse de l’imposition des personnes morales.

Comment vivre avec des milliards en moins ? Telle est la question que ces cantons, et avec eux la Confédération, devraient se mettre à méditer sérieusement.

07:43 Publié dans Banques, Banques suisses, Etats-Unis, Finances publiques, Fiscalité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Le conseil municipal de la ville de genève le sait-il ?


lui qui vient de se battre bec et ongle pour défendre les "modestes" dépenses de l'agenda 21...?

c'est-à-dire pour défendre entre autre les dépenses de mme salerno pour la journée de la femme, qui a fait une vraie fureur, il y avait tellement de femmes qu'elles se bousculaient...,ici, voir la galerie photos :

http://www.ville-geneve.ch/themes/vie-privee-egalite-citoyennete/egalite-diversite/egalite-entre-femmes-hommes/


Ou pour organiser des marchés aux puces, ici : voir la ville est à vous, le reste de l'agenda 21, etc, ici :

http://www.ville-geneve.ch/administration-municipale/departement-finances-logement/services-municipaux/service-agenda-21-ville-durable/


qui par ailleurs défend paraît-il la vérité des coûts et l'utilisation efficace des ressources, p. 26 ici :

http://www.ville-geneve.ch/fileadmin/public/Departement_1/Publications/20130903_Fiches_Villes_FR.pdf

mais seulement sur les points qui les arrangent...

Tous les enfants à l'école primaire aujourd'hui conaissent le taux de variation des oiseaux nicheurs au 95e centile près dans le quadrilatères 2 du quartier de cornavin... et tout cela "gratuitement"... (même document p.4)

La biodiversité des banques c'est sans importance...


bref, comme dit l'auteur éponyme d'un blog dogmatique et inénarable de la TDG "cause toujours"... ce qui par ailleurs me fait furieusement penser à la fable de la cigale et de la fourmi...

Bref, pour garder encore quelques capacités de raison je vais rêver ce soir à vous mr stepczinski, je vais rêver que vous manifestez devant l'hôtel de ville avec une pancarte portant en substance le message ci-dessous :

" enseignons la comptabilité publique à nos enfants avant qu'il ne soit trop tard !"

"moins d'écothéorie ! plus de comptabilité publique à l'école !"

etc.

Mais bon je crois que c'est sans espoir...

Il faut maintenant que je vous laisse. J'ai un appel, je suis en train d'envisager de me délocaliser quelque part dans le pacifique... avant qu'il ne soit trop tard...

J'ai pris cette décision depuis que je sais que le PLR a fait élire antonio hodgers (pourfendeur du secret bancaire) au conseil d'Etat. Là c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Écrit par : quidam | 17/12/2013

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