03/12/2013

Une seule manière de compenser le vieillissement de la population: allonger la période active de la vie

Cessons de tourner autour du pot. Ici comme ailleurs la prévoyance, qu’elle soit organisée en répartition (l’AVS) ou en capitalisation (le IIe pilier), n’échappera par aucun miracle au recul de l’âge de la retraite, et cela pour deux raisons très simples : la vie s’allonge et la natalité baisse. Le vieillissement de la population qui en résulte, et fait qu’il y a de moins en moins d’actifs pour toujours plus de personnes à charge, est une perspective aux conséquences financières incontournables, quoi que veulent bien nous dire ceux qui continuent d’assurer le contraire. C’est vrai que le trou dans les comptes de l’AVS annoncé pour demain matin ne s’est pas encore produit, mais de là à imaginer qu’il ne se produira jamais par la vertu de la hausse des revenus (sous-entendu : que ces revenus augmenteront suffisamment pour supporter sans douleur des charges croissantes), il y a une dangereuse méprise.


Primo, tous les raisonnements bâtis sur la prise en compte de l’historique – l’évolution de l’AVS depuis 1948, de la prévoyance professionnelle depuis 1985 – considèrent comme bons pour le futur des faits démographiques qui sont en réalité révolus. La pyramide des âges, devenue tonneau, n’élargira plus sa base, le rattrapage d’après-guerre (les «trente glorieuses») est terminé, la phase de constitution du IIe pilier, source de faux espoirs, sera achevée en 2025, et les illusions inflationnistes se sont définitivement envolées.

Secundo, ce dernier point, capital (sans jeu de mots), est généralement oublié : les taux d’intérêt élevés qui ont longtemps nourri l’apport du «troisième cotisant» au fonds de compensation de l’AVS et à la fortune du IIe pilier n’étaient en bonne partie que nominaux, de sorte qu’il n’y a aucun espoir de les retrouver dans un monde de prix désormais stables. On ne soupçonne pas l’effet magique des intérêts composés sur la durée. Faites vous-mêmes le calcul : au taux moyen de 5%, un versement mensuel de 1000 francs donne au bout de 40 ans une somme dont les deux tiers sont constitués des seuls revenus du capital. Ramenez ce taux d’intérêt moyen à 2% : l’apport du «troisième cotisant» se trouvera divisé par deux. On comprend mieux dans ces conditions les soucis actuels des caisses de pensions, qui ont toutes les peines du monde à dégager des rendements supérieurs à ce taux-là.

Tertio, on peut toujours, comme le suggèrent de doux rêveurs, combler le déficit démographique par un relèvement des cotisations ou une augmentation de la TVA. Le problème, c’est que les premières renchérissent le coût du travail (et sont donc défavorables à l’emploi) tandis que la seconde décourage la demande (et ralentit donc la croissance, créatrice d’emplois). Or c’est du travail principalement, sinon exclusivement, que dépend la soutenabilité du ratio de dépendance (rapport entre actifs et inactifs).

Il n’y a donc bel et bien qu’une seule manière réellement efficace de compenser le vieillissement de la population: allonger la période active de la vie, parce que seule elle permettra de corriger simultanément le numérateur et le dénominateur de ce rapport crucial pour tous les régimes de prévoyance.

07:41 Publié dans Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

Commentaires

Ou faire des enfants !

Écrit par : lulu la nantaise | 03/12/2013

C'est trop cher. Et pis il faut les élever. Trop de travail. Et pis il faut les supporter, et alors là, on est dans le surhumain...
Et les faire avec qui, d'ailleurs ? Vous avez vu la mentalité des femmes actuelles ? Qui serait assez stupide de se mettre dans leurs griffes et de leur assurer une rente à vie aussi facilement ?

Écrit par : Géo | 03/12/2013

"Une seule manière de compenser le vieillissement de la population: allonger la période active de la vie"

Allonger la période de vie active? Mais à 45-50 ans, on est deja trop vieux et trop cher et on chercher à se débarrasse de nous.

Alonger la période active ne fera que transférer le problème du financement de l'AVS vers celui des autres services/aides sociaux.

"Tertio, on peut toujours, comme le suggèrent de doux rêveurs, combler le déficit démographique par un relèvement des cotisations ou une augmentation de la TVA. Le problème, c’est que les premières renchérissent le coût du travail (et sont donc défavorables à l’emploi) tandis que la seconde décourage la demande (et ralentit donc la croissance, créatrice d’emplois)."

En effet il ne faut pas relevement l'un ou augmenter l'autre. ce serait trop lourd en conséquence. Mais il faut les augmenter les deux en parallèle... légèrement.

Écrit par : Pierre Roche | 03/12/2013

Puisqu’on est dans les solutions "mathématiques" et radicales comme travailler jusqu’à 75 ans, Il ne faut pas oublier qu'il en existe une autre:

Envoyer chier le système de "solidarité" qui veut vous user jusqu’à la mort ainsi que l’économie du pays a laquelle on a consacré toute sa vie active pour (même avec un capital modeste) se payer une retraite de seigneur dans un pays émergement a très bas couts de la vie.

ABE

Écrit par : Eastwood | 04/12/2013

Je prends la liberté d'ajouter ceci: la différence entre les coups dans les camps de concentration ou, parfois, hélas, ceux dans les EMS destinés aux moins nantis est que les S.S. contrairement au personnel soignant des EMS concernés n'avaient pas à se justifier... Bouquet, sommet, une responsable d'EMS, à ce sujet: "Que voulez-vous! le personnel soignant est "humain"! (interviewée à la télévision. L'humain, on le sait, esr capable du pire comme du meilleur.
Bonnes Fêtes!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 14/12/2013

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