03/09/2013

Le PIB monte, la bourse baisse. Problème ?

Au deuxième trimestre, la croissance de l’économie américaine a dépassé la plupart des prévisions. Selon le Département du Commerce, elle s’est établie à 2,5% en rythme annuel, ce qui fait des Etats-Unis le pays le mieux engagé dans la reprise, et éloigne à vues humaines tout risque de rechute pour la première économie du monde. Or la bourse, qui devrait se réjouir de la bonne nouvelle, puisqu’une meilleure conjoncture annonce en principe de joyeux bénéfices, a au contraire baissé. Où est la faute ?


De fait, les marchés – comme on dit par facilité – tiennent un raisonnement assez simple : plus vite l’économie se revigore, plus tôt la Réserve fédérale mettra un terme à ses achats mensuels de 85 milliards de dollars de bons du Trésor et d’actifs immobiliers titrisés, méthode très peu orthodoxe, mais visiblement efficace, d’injection de liquidités dans le système financier et bancaire.

Non seulement la baisse des taux d’intérêt qui en a résulté a permis le redressement du marché immobilier et une certaine reprise de l’investissement industriel, mais encore, et surtout, cette politique monétaire extrêmement accommodante a entretenu, sur l’échelle des rendements, un biais favorable aux actions. Si bien qu’un redressement des taux s’accompagnera immanquablement d’un retour à la normale, soit, pour ces valeurs dites réelles, d’un alignement sur la tendance à long terme des rapports cours/bénéfices, plus proche de 15 que des 19 actuels de l’indice S&P 500, par effet de bascule des choix de portefeuille au profit des titres à revenu fixe.

Les bourses du monde entier n’ayant d’yeux que pour leurs consœurs américaines, ce qui est vrai des Etats-Unis le sera de tous les autres, d’autant que les économies émergentes dont on attendait monts et merveilles sont en train de se heurter à leur tour, Chine la première, aux limites d’une croissance qu’on s’était pris à croire illimitée.

Le retour en grâce des obligations, créances diverses et autres bons de caisse chers aux épargnants helvétiques ne sera pas pour déplaire aux assurances et caisses de pensions qui ramaient contre l’adversité pour atteindre les performances requises des capitaux à elles confiés. Mais les épargnants eux-mêmes rongent encore leur frein : alors que les banques sont en train de relever en catimini leurs taux débiteurs, elles tardent à faire de même du côté des taux créanciers, désespérément collés au plancher…

Il est vrai que, crise et différend fiscal aidant, elles sont presque toutes en manque de rentabilité. Ceci explique donc peut-être cela.

 

 

 

 

07:52 Publié dans Croissance, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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