13/08/2013

Bientôt des banques low cost ?

L’Internet, et l’informatique qui l’a permis, sont comme chacun peut le voir autour de lui en train de révolutionner le monde des services. La vente en ligne tue petit à petit libraires, disquaires et pharmaciens, et dans le transport, qu’il soit aérien et bientôt ferroviaire, des entreprises «low cost» dament le pion aux compagnies classiques, prisonnières de charges fixes élevées qui les condamnent aux déficits malgré des tarifs en comparaison exorbitants.


Mais la révolution ne s’arrête pas là : elle est en train de s’insinuer dans les mécanismes les plus intimes de nos économies, ceux de la banque, de l’assurance et de la finance en général. On connaissait déjà les plateformes de courtage en ligne (Boursorama, Swissquote), qui ont donné naissance à la banque en ligne, quand ce ne sont pas les banques elles-mêmes qui ont développé leurs sites de «e-banking». Des coûts écrasés disent leurs publicités, mais pas suffisamment pour fermer l’entrée d’un marché qui reste lucratif à des entrants d’un nouveau type, les «fin-techs» comme les appelait récemment The Economist, kyrielle de jeunes pousses financières (principalement anglo-saxonnes aujourd’hui mais nous ne perdons rien pour attendre), qui marient un savoir-faire technologique hors du commun avec un esprit d’entreprise qu’on ne connaît plus aux banquiers.

Armes absolues de ces nouveaux acteurs de la finance, une dextérité époustouflante dans le constitution de réseaux, et un recours sans vergogne à tous les instruments informatiques développés dans et pour la banque traditionnelle (mais aussi le commerce de détail, l’assurance chose, la téléphonie mobile, l’autopartage, les caisses maladie, etc., etc.) et qui forment ce que dans le jargon on appelle le Business Intelligence et le Big Data : en clair, l’exploitation systématique au moyen d’outils désormais standards d’une myriade de données sur les comportements individuels, qui mettent à nu vos préférences et vos comportements individuels, et permettent ainsi de cerner avec une précision inégalée les risques (de défaut) et les chances (de gain).

Mis au service du commerce de l’argent, ces automatismes permettent d’imaginer de nouveaux modèles d’affaires qui feront l’impasse sur ce qui pèse si lourd dans les comptes des banques (bâtiments de prestige, «back office» pléthoriques, «front office» coûteux, développements informatiques en propre, etc.) mais constitue simultanément autant de barrières à l’entrée dans un métier de ce fait étroitement réservé. Des banques «low cost» pourraient ainsi voir le jour, qui proposeraient, en marge puis bientôt en substitution des services offerts par les banques «en dur», des formes infiniment moins coûteuses de prêts et de dépôts.

On en est bien sûr pas encore là, tant le secteur bancaire est corseté (protégé ?) par un arsenal de contraintes réglementaires. Mais les choses vont vite. Qui, il y a 20 ans, aurait prédit le succès d’Amazon, l’omniprésence d’easyjet, l’arrivée fracassante du Bill Gates chinois sur la Toile (1999) avec les 370 millions d’utilisateurs actuels du site alibaba ? Les banquiers n’ont qu’à bien se tenir.

09:46 Publié dans Banques, Prix | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

Des banques low-cost existent déjà en France, nous attendons leur arrivée en Suisse.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 13/08/2013

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