05/03/2013

Genève au palmarès des dépenses publiques

En affaires comme en politique, le «benchmarking» (littéralement: l’étalonnage) est devenu une vraie manie. Il est vrai qu’il peut parfois être utile de se mesurer aux autres. L’administration fédérale des finances, qui vient de publier une batterie de tableaux statistiques sur l’évolution des finances publiques en Suisse, nous offre ainsi une belle occasion de comparer les cantons les uns aux autres, et de confirmer – ou d’infirmer – la singularité du cas genevois.

De fait Genève, canton riche et socialement généreux, se distingue à maints égards de la moyenne helvétique, mais pas toujours avec l’ampleur que l’on croit. En matière de formation par exemple, il dépense certes beaucoup, mais les 27,5% de ses dépenses totales qu’il consacre à cette fonction ne le place qu’au 8e rang sur 26, loin derrière le premier, Fribourg, où la formation absorbe 36,4% du budget cantonal. Si l’on ajoute aux dépenses de l’Etat celles des communes, Genève tombe même au 20e rang, et c’est Saint-Gall qui occupe la première place, avec 34,9% de ses dépenses.


 

Les salaires des enseignants, réputés nombreux et bien payés à Genève, n’y absorbent pourtant que 13% des dépenses cantonales, ce qui – toujours proportionnellement – situe Genève au 6e rang derrière Argovie, Fribourg, Vaud, Zurich et Berne. En revanche, le fonctionnement de l’Etat nous coûte cher : les charges salariales du personnel administratif et d’exploitation (15,2% des dépenses totales) placent notre canton au 3e rang, juste derrière Bâle-Ville et, curieusement, Uri.

Les dépenses de sécurité sociale (essentiellement l’aide sociale, l’invalidité et l’AVS, et dans une moindre mesure le chômage) nous situent également au 6e rang, avec 19,7% des dépenses totales du canton et des communes, mais à peine moins que le canton le plus généreux (le Tessin, qui y consacre 21,9% de ses dépenses).

Mais ce sont les dépenses de santé qui propulsent Genève aux premières places, juste derrière Bâle-Ville (13,2% et 13,9% respectivement des dépenses publiques dans ces deux cantons). Sur les 1’357 millions du budget genevois de la santé en 2010, en hausse d’un bon tiers au cours des 15 dernières années, 877 millions sont allés au seul poste «hôpitaux». Mais ce sont les charges liées aux soins ambulatoires et aux EMS qui ont littéralement explosé.

Tout cela a son prix : Genève reste de loin le canton le plus endetté, avec près de 31'000 francs d’endettement brut par habitant, soit presque quatre fois la moyenne helvétique, et un bon quart de plus que le suivant, Bâle-Ville. C’est aussi le canton (après Zoug) où la dette a le plus progressé en 15 ans. Avec toutefois cet heureux bémol : entre 2006 et 2011, l’endettement brut du canton a plutôt diminué, grâce à des recettes fiscales exceptionnellement élevées.

Mais depuis, hélas, la roue a tourné.

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