26/11/2012

La retraite à mille francs: calculs d’outre-Rhin, vérités pour demain

Les socialistes allemands se proposent de fixer à 850 euros, soit à l’équivalent de 1000 de nos francs, le montant minimal d’une pension de vieillesse. En Suisse, la plus petite rente AVS, hors prestations complémentaires et sans 2e pilier, s’élève à 1160 francs pour une durée complète de cotisation. L’Allemagne ne connaît pas pour l’heure de rente minimum, et les régimes de retraites des deux pays ne sont pas comparables.

On peut néanmoins, comme l’OCDE l’a fait, calculer la rente moyenne en pourcent du salaire médian. Elle en représente les 60% en Suisse et seulement 42% en Allemagne, pour un salaire médian, respectivement, de 6000 francs et moins de 3000 euros. Bien que le coût de la vie soit nettement plus élevé chez nous qu’en Allemagne, le pouvoir d’achat du rentier helvétique est sans commune mesure avec celui du rentier allemand. Même retraité, le Suisse vit mieux, infiniment mieux, que son voisin du nord.


 

Ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes de financement de la prévoyance. Si le projet du SPD pourrait coûter «jusqu’à 35 milliards d’euros supplémentaires pour la seule année 2030» selon le vice-président du groupe libéral au Bundestag, rapporte le Spiegel, on imagine volontiers, ici, que le financement de l’AVS et même celui de la prévoyance professionnelle obligatoire rencontreront prochainement des difficultés du même ordre. C’est bien pour cela que la réforme envisagée par le conseiller fédéral Alain Berset apparaît, pour le moins, frappée au coin du bon sens. Il faudra, au minimum, relever l’âge de la retraite, combler d’une manière ou d’une autre le trou qui s’annonce dans les comptes de l’AVS pour 2020, et introduire dans la mécanique défaillante du 2e pilier les correctifs – baisse du taux technique et du taux de conversion – qui déplaisent tant au souverain qui les a sèchement refusés en votation populaire. La perspective est si désagréable qu’aucun groupe politique n’ose l’affronter de face, et que chacun s’accroche au petit détail qui selon lui fait toute la différence : l’élévation de l’âge de la retraite pour les femmes, l’allongement de la durée de cotisation, ou encore la réduction du taux d’intérêt minimum.

Implacables, les répercussions du vieillissement démographique sur les régimes de prévoyance ont de surcroît ceci de dévastateur pour la cohésion sociale qu’elles ajoutent à l’opposition traditionnelle entre gauche et droite un conflit générationnel. Car quel que soit le mode de financement qui sera finalement choisi, ce sont les actifs de demain, bien moins nombreux qu’aujourd’hui en proportion de la population retraitée, qui en supporteront le poids.

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Commentaires

Avec une retraite à 1000 francs par mois, un Genevois ne pourrait pas se loger et manger, mais devrait choisir entre les deux. Proposition pour le logement: accueillir les sans logis actuels plus futurs sur les paliers des immeubles pendant la nuit, avec obligation, évidemment, de vider les lieux à partir de 6 heures du matin. Des grilles de sécurité à l'entrée des immeubles empêcheraient les entrées et sorties pendant la durée réservée à ces nuitées. Pour ce qui est de la toilette (et des toilettes), des suggestions seront les bienvenues.
Il est entendu que le réchauffement climatique rendra cette mesure inutile dès qu'un temps suffisamment clément permettra de faire dormir les gens dans la rue.

Écrit par : Mère-Grand | 02/12/2012

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