16/04/2012

D'où viennent les profits des multinationales?

Comment se fait-il que, malgré la crise et dans un climat conjoncturel pour le moins maussade, les géants de l'industrie et même, aux Etats-Unis, les plus grandes banques, aient réussi à dégager l'an dernier des profits en aussi forte hausse ?

En Suisse, les poids lourds non bancaires du SMI - Novartis excepté, pour les raisons particulières qui lui sont propres - ont tous dégagé des bénéfices nets en progression comprise entre +8% (Nestlé) et +26% (Roche). Aux Etats-Unis, les marges bénéficiaires n'ont jamais été aussi élevées depuis la guerre, alors que, il y a quatre ans à peine, on donnait l'industrie et la finance pour moribondes.


De pareils taux de rentabilité, moteurs probables des performances boursières exceptionnelles enregistrées ces derniers mois (de l'ordre de +10 à +15% en rythme annuel), appellent une explication, qui varie selon le point de vue adopté. Pour les uns, ces surprofits sont la simple conséquence d'un marché de l'emploi favorable aux entreprises, qui peuvent recruter à bon compte et limer leurs coûts salariaux. Pour d'autres, c'est la mondialisation des échanges, synonyme de concurrence des pays à bas salaires, qui fait pression sur nos propres conditions de rémunération. Pour d'autres encore, c'est un progrès technique avançant à marche forcée qui substitue sans relâche le capital au travail.

Mais il y a aussi tout simplement, si l'on prend un peu de hauteur, la vérification de quelques principes élémentaires de macro économie, comme nous le rappelait récemment The Economist. De l'identité entre production et revenu, base de la comptabilité nationale, on dérive ainsi que les surplus et les déficits présentés par les différentes catégories d'agents économiques doivent nécessairement se compenser. A court terme par conséquent ou, comme disent les économistes, toutes choses égales par ailleurs, les surplus amassés par le secteur privé ne sont rien d'autre que la contrepartie comptable des excédents de dépense du secteur public.

Ce qui débouche sur des conclusions plus ou moins agréables. Car si, comme nombre de gouvernements s'y emploient, les déficits budgétaires s'amenuisent ou disparaissent, les marges de profit des entreprises tendront elles aussi à se réduire. Dans l'hypothèse favorable, ce sera la conséquence d'une reprise des investissements et de l'embauche,  aujourd'hui en panne. Mais dans l'hypothèse défavorable, ce sera le signe que les programmes d'austérité menés un peu partout ont provoqué un recul de la demande, et une replongée de l'économie dans la récession. Prions donc, nous invite l'hebdomadaire britannique, afin que la première hypothèse soit la bonne...

 

14:54 Publié dans Multinationales | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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