12/12/2011

Lendemains qui (dé)chantent

Sommet européen à Bruxelles, seizième du genre. Les termes de l'accord tel que prévu par les analystes sont passés, mais sur le fond rien n'est changé. L'eurozone, que certains voyaient se déchirer à cette première occasion sérieuse, ressort de l'épreuve sinon renforcée du moins reconfirmée dans ses buts: l'union monétaire, économiquement suboptimale, est légitimée politiquement, et sera donc sauvée aussi longtemps que les volontés nationales le voudront.

Ceux qui n'adhèrent pas, les seuls Britanniques pour l'instant (d'autres hésitent, mais y viendront), s'en sont exclus définitivement, et pourraient même quitter le navire communautaire pour rejoindre le vague et lâche Espace économique européen, voire, encore plus parcimonieusement, ce qui reste de l'AELE, afin de continuer à bénéficier d'un accès au marché unique, qui seul les intéresse.


Pour autant le «noyau dur», comme on l'appelle imparfaitement, n'est pas sorti d'affaire. Dix-sept pays s'employant simultanément à réduire leurs dépenses et à relever leurs impôts alors que leur économie est en train de caler ne peuvent que tomber en récession, car ni la demande privée intérieure (les ménages se retiennent), ni la demande étrangère ne sont en état de prendre la relève: le salut par les exportations ne peut être cherché par tout le monde en même temps. Même les Etats-Unis comptent sur elles, sans parler de la Chine, dont l'immense marché intérieur est touché à son tour par le ralentissement conjoncturel.

S'il n'y avait que la conjoncture. Or le système bancaire, courroie essentielle de transmission, est à nouveau plombé par la méfiance. Comme en 2008, les banques ne se font plus crédit, d'autant que les derniers tests de résistance ont cette fois-ci révélé qu'elles ne surmonteraient pas une épreuve sérieuse sans des apports de capitaux se chiffrant par centaines de milliards. De préciser que ce sont surtout les banques grecques, portugaises, espagnoles et italiennes (les allemandes et les françaises un peu moins) qui sont montrées du doigt ne change pas grand-chose à la gravité du diagnostic.

L'Autorité bancaire européenne, qui cite nommément les établissements exposés, rappelle que sans banques solides la confiance ne peut être restaurée. Et sans confiance il ne peut y avoir de croissance, tout comme sans croissance la dette publique ne peut être jugulée.

Retour, donc, au point de départ de la crise, qui est financière. Le repêchage de banques aux bilans regorgeant d'actifs dépréciés passe dans l'immédiat non par des fonds publics de plus en plus rares, mais par l'intervention d'un prêteur en dernier ressort qui par ses achats de titres y compris de qualité moindre en fasse remonter les cours, et donc baisser les taux auxquels les Etats doivent se refinancer.

Ce prêteur existe, c'est la BCE, et l'on n'attend plus qu'elle agisse.

 

22:41 Publié dans Banques, Dette, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.