31/10/2011

Affaire Novartis: salariés, mais aussi actionnaires

novartis.jpgQui sont ces actionnaires assoiffés de dividendes pour le maintien desquels Novartis a décidé de rayer 2000 emplois en Suisse et notamment les 320 de l’ancienne Zyma, à Nyon? Difficile de les identifier, puisqu’ils sont un peu plus de 150 000 à travers le monde. De surcroît, aucun des plus importants d’entre eux ne détient davantage que quelque pour cent du capital...


Et cette poignée de gros actionnaires se résume, pour l’essentiel, à une fondation pour la participation des collaborateurs (4,3% du capital), à la fondation de famille des héritiers de Sandoz (3,3%), et aux fonds gérés par deux groupes américains d’investissement détenant chacun entre 3 et 5% d’actions Novartis, lesquelles totalisent, dans les placements de leurs fonds spécialisés en actions européennes, au maximum 2 à 3% de l’ensemble du portefeuille.

Il n’est pas inintéressant de considérer les choses par un autre bout. Novartis représente, avec 15% de la capitalisation boursière totale, l’un des trois poids lourds de la cote helvétique, les deux autres étant Nestlé (24%) et Roche (13%). Pour cette raison, les actions du groupe bâlois se retrouvent immanquablement dans les portefeuilles de titres de pratiquement tous les investisseurs institutionnels et en particulier de ceux des caisses de pensions, en Suisse comme à l’étranger.

Elles s’y retrouvent à chaque fois, mais en quantités relativement modestes, conformément à la règle d’or d’une saine diversification des placements. On peut supposer, en l’absence de moyens directs de vérification, que la position en actions Novartis d’une bonne caisse de retraite de chez nous doit tourner autour des 1 à 3% de son portefeuille total d’actions, soit à peu près le cinquième de ce qu’elle atteint dans le portefeuille type d’un fonds de placement en actions suisses. C’est à la fois peu et beaucoup, les actions suisses ne représentant que 10% des placements totaux de la prévoyance professionnelle, mais cela représente néanmoins une jolie somme, avec quelque chose comme 600 millions de francs aux derniers cours de l’action Novartis.

Aussi, les 12 000 salariés du groupe en Suisse (sur un effectif total de 120 000) étant également assurés du IIe pilier, et donc actionnaires indirects de leur employeur, ils ne seront certainement pas indifférents à la rentabilité de leurs placements. Le rendement moyen de l’action Novartis, calculé sur la base du dernier dividende versé, se situant aux alentours de 4%, ils ne se plaindront pas. Mais on n’y verra pas, non plus, de quoi crier au scandale: c’est à ce niveau-là que, jusqu’à une date toute récente (et peut-être encore aujourd’hui), nos experts en la matière évaluaient la performance nécessaire des institutions de prévoyance.

 

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18:47 Publié dans Financement des retraites | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : 2e pilier, sandoz, zyma | |  Facebook | | |

Commentaires

Si j'ai bien compris, vaut mieux assuré un bon rendement en licenciant.

Les conséquence impliquent de nouvellee charges à L'Etat (chômeur). Diminution du pouvoir d'achat qui se répercute sur le marché intérieur.
J'ai quand même beaucoup de difficulté à voir le gain pour la société.

Dans l'absurde, alors il faut tout délocaliser pour encore augmenter les rendement qui va donner le sourire à une caisse de pension suisses.

En économie, ce qui assure la richesse d'un pays, n'est t'il pas une très bonne répartition des richesse ?

Écrit par : Jean-Charles Binggeli | 31/10/2011

@ Jean-Charles Binggeli

Une entreprise privée ne peut pas, comme l'État, accumuler les dettes pendant des décennies, voire des siècles. Elle doit anticiper l'évolution de la demande, sinon elle devient déficitaire et donc licencier encore plus d'employés.

Si l'État commence à édicter des lois limitant le licenciement pour raisons économiques (comme c'est le cas dans certains pays), la place économique perd en attractivité et les entreprises déménagent et/ou n'investissent plus dans le pays et ne créent ainsi plus d'emplois.

Il ne s'agit en outre pas de délocalisations, mais de suppressions pures et simples, du moment que la récession (en fait: dépression) est mondiale.

Ce qui assure la richesse d'un pays, c'est son dynamisme, sa capacité à croître et à a créer des emplois.

Écrit par : Larry | 07/11/2011

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