10/10/2011

Crise financière; uand 2011 se met à ressembler à 2008

dollars liquiditiés.jpgSouvent considérée comme une erreur grossière de jugement pour avoir, pense-t-on, étendu au monde entier une crise cantonnée jusque-là au seul marché hypothécaire américain, la mise en liquidation de Lehman Brothers, en septembre 2008, avait entraîné une cascade d’événements qui ne sont pas sans rappeler la situation actuelle.

Il suffit en effet de remplacer le mot «subprime» par celui de «défaut» probable (de la Grèce) pour obtenir à peu près le même enchaînement de circonstances: assèchement de la liquidité sur le marché interbancaire pour cause de méfiance généralisée, appel au secours des banques déclenchant l’intervention des banques centrales d’abord, des Etats ensuite, d’où un grossissement soudain de la dette souveraine remettant en cause la notation de celle-ci et forçant du même coup les gouvernements montrés du doigt à promulguer l’austérité quand la faiblesse conjoncturelle (et le sauvetage des banques!) commanderait le contraire.

Enfin, comme en 2008, les écarts de taux sur les CDS («credit default swaps») de banques et d’autres détenteurs de créances risquées s’envolent.


L’analogie s’arrête là, non pour le meilleur, mais pour le pire. En effet, autant il était permis alors d’espérer pouvoir interrompre le funeste déroulement de la crise par la mobilisation conjointe et massive des banques centrales et des Etats, autant il paraît impossible, aujourd’hui, d’attendre quoi que ce soit des unes comme des autres: les taux d’intérêt sont au plancher, et les marges de manœuvre budgétaires semblent désormais épuisées.

Hier, les actifs toxiques qui pourrissaient les bilans des banques étaient truffés de produits structurés à l’architecture incompréhensible; à présent, ce sont des expositions – en proportions difficiles à établir – à la dette de pays peu solvables qui empoisonnent la réputation de banques jusqu’ici au-dessus de tout soupçon.

Impossible, cependant, de laisser tomber ces établissements, même si l’envie de sanctionner leur coupable imprudence envahit les «indignés» de toute espèce. Car sans système bancaire et financier apte à fonctionner, c’est l’économie tout entière qui s’écroulerait. On continuera, donc, à socialiser leurs pertes après s’être résigné à accepter qu’aux fins de reconstitution de leurs fonds propres les banques continuent de privatiser leurs bénéfices.

Pour autant, ce n’en sera pas fini des retombées de la crise. Comme, un peu partout dans le monde, on commence à s’en apercevoir, le lent et douloureux processus de désendettement en cours ne prend pas encore en compte les effets sur les systèmes de prévoyance du manque de croissance et l’insuffisance des rendements qui en découle. «Attention, ce calculateur de retraite peut vous mentir», avertit ainsi ce site américain. A bon entendeur, salut!

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21:14 Publié dans Dette | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lehman brothers, subprime, cds | |  Facebook | | |

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